En mars 2026, une Kabyle installée en Nouvelle‑Calédonie depuis 2010 a lancé DESTIN PROJECT, une œuvre transmédia ambitieuse qui ravive une page oubliée de l’histoire : celle des Kabyles déportés dans le Pacifique après l’insurrection de 1871.
Ce projet, à la fois artistique, historique et mémoriel, entend redonner un nom, un visage et une dignité à ces hommes arrachés à leur terre et envoyés à l’autre bout du monde.
📜 1871 : la déportation oubliée des Kabyles du Pacifique
L’insurrection de 1871, menée notamment par Cheikh El Mokrani et Bou Mezrag, fut l’un des plus grands soulèvements contre la domination coloniale française.
Après sa répression, des centaines de Kabyles furent :
- arrêtés,
- jugés à Constantine en 1873,
- puis déportés en Nouvelle‑Calédonie, parfois aux côtés des Communards.
Ces hommes ont laissé derrière eux leurs familles, leurs villages, leur langue — et une mémoire que l’histoire officielle a longtemps effacée.
🎥 DESTIN PROJECT : une œuvre transmédia pour réparer la mémoire
Le projet se présente comme une création transmédia, mêlant :
- documentaire,
- archives,
- narration interactive,
- témoignages,
- créations artistiques,
- et exploration géographique entre Kabylie et Océanie.
L’objectif : reconstituer les trajectoires de ces déportés, comprendre leur vie sur le “Caillou”, et reconnecter leurs descendants à leurs racines.
🌺 Une Kabyle d’Océanie à l’origine du projet
Installée en Nouvelle‑Calédonie depuis 2010, la créatrice du projet a découvert sur place l’existence de cette communauté méconnue :
- des descendants de déportés kabyles,
- vivant dans plusieurs îles du Pacifique,
- parfois sans connaître précisément leurs origines.
Son travail vise à réunir deux mémoires éloignées par l’histoire, mais liées par le destin.
🪦 Des traces encore visibles : le cimetière des “Arabes”
Le Monde diplomatique rappelle l’existence de lieux de mémoire poignants, comme le cimetière de Nessadiou, où reposent des déportés algériens dont les stèles ne portent ni noms ni dates.
Ces espaces silencieux témoignent d’une histoire brisée, que DESTIN PROJECT cherche à réhabiliter.
🔍 Une œuvre qui s’inscrit dans un mouvement mémoriel plus large
DESTIN PROJECT rejoint d’autres travaux consacrés aux “Kabyles du Pacifique”, comme :
- le documentaire Kabyles du Pacifique de Mehdi Lallaoui,
- les recherches historiques sur les déportés de 1871,
- les initiatives culturelles de la diaspora.
Ce projet apporte cependant une dimension nouvelle : la création transmédia, permettant une immersion plus profonde et interactive.
🧠Entre Kabylie et Océanie : un pont mémoriel
DESTIN PROJECT n’est pas seulement un travail historique.
C’est un pont entre deux mondes :
- la Kabylie, terre d’origine,
- et la Nouvelle‑Calédonie, terre d’exil et de renaissance.
Il interroge :
- l’identité,
- la transmission,
- la résilience,
- et la manière dont les peuples écrivent leur propre histoire.
📝 Conclusion : une œuvre nécessaire pour une mémoire longtemps tue
DESTIN PROJECT est plus qu’un projet artistique :
c’est un acte de réparation, un geste de mémoire, et une manière de redonner une voix à ceux que l’histoire a voulu faire disparaître.
En reconnectant les Kabyles du Pacifique à leurs racines, cette œuvre contribue à réhabiliter une page essentielle de l’histoire kabyle, longtemps ignorée mais aujourd’hui réaffirmée avec force.

